Crise de l'assurance qui grossit en silence ...

Dernière modification : 25/03/20256

C’est une alerte qui passe (pour l’instant) sous les radars, mais qui pourrait avoir des conséquences très concrètes pour nous tous. La Fédération Nationale de l’Automobile (FNA) tire la sonnette d’alarme : de nombreux professionnels de l’automobile (garagistes, dépanneurs, auto-écoles...) se retrouvent aujourd’hui confrontés à une crise d’assurance inédite. En clair, de plus en plus de professionnels (garagistes, dépanneurs, auto-écoles...) se retrouvent lâchés par leur assureur, ou voient leurs primes exploser.


Rappelons que la FNA  est l’organisation professionnelle qui représente les artisans et petites entreprises du secteur automobile en France.

Des chiffres pour y voir plus clair

La FNA a fait  un sondage en début d’année auprès de 300 de ses adhérents.

Le bilan est plutôt inquiétant :

  • 17 % des répondants (soit 51 entreprises sur 300) ont vu leur contrat d’assurance résilié unilatéralement.
  • 57 % (soit 169 entreprises) ont subi une augmentation importante de leurs primes d’assurance.
  • 66 % (196 répondants) ont eu du mal à trouver un nouvel assureur.
  • Et 27 % (81 entreprises) continuent aujourd’hui d'avoir des difficultés, entre contrats rompus et tarifs devenus intenables.

Derrière ces chiffres se cachent des entreprises incapables d’assurer leur flotte et donc des métiers de la route indispensables fragilisés : dépannage, gestion des fourrières, recyclage des véhicules, formation à la conduite…


Des raisons floues… et pas toujours convaincantes

Les assureurs évoquent plusieurs motifs pour expliquer ces décisions brutales : hausse de la sinistralité, envolée des vols de voitures, politique interne revue, rentabilité jugée insuffisante… Les classiques en somme. Certains pointent même le dérèglement climatique comme facteur de risque. Mais au final, peu importe la cause : sur le terrain, des pros essentiels à la mobilité des Français se retrouvent tout simplement sans couverture.

Et sans assurance, pas d’agrément. Sans agrément, pas d’activité. Résultat : des camions de dépannage immobilisés, des fourrières à l’arrêt, des délais de réparation qui s’allongent, et des clients laissés sur le bord de la route… littéralement.


Derrière ces résiliations en série se cache peut-être (attention c'est une réflexion personnelle à prendre avec des pincettes) une logique plus large liée au fonctionnement même des compagnies d’assurance. On oublie souvent que ces dernières ne se contentent pas d’encaisser des primes et d’indemniser des sinistres. Elles gèrent aussi d’immenses portefeuilles d’actifs financiers investis sur les marchés pour faire fructifier leurs fonds. Et dans un contexte économique incertain, entre remontée des taux, volatilité des marchés et tensions géopolitiques, la pression pour garantir une rentabilité stable augmente. Résultat : les assureurs peuvent être tentés de réduire leur exposition aux secteurs jugés risqués ou peu rentables. Le lien est si étroit entre les marchés financiers et les assureurs que je ne pouvais établir un pont ...

Une crise qui peut vite dégénérer

Si ces entreprises ferment ou doivent répercuter les hausses de coûts sur leurs tarifs, ce sont les particuliers qui en paieront le prix.

En gros, on peut s’attendre à :

  • des tarifs de réparation plus élevés,
  • des délais qui explosent,
  • des pannes non prises en charge à temps,
  • et à terme, une mobilité ralentie, voire bloquée dans certaines zones.

Dans un monde où l'inflation a déjà mis à terre une bonne partie de la population, ça rappelle un peu l'histoire du vase et de la goûte d'eau ...

Le président de la branche Dépannage/Remorquage de la FNA Philippe Gimenez dit cela :

« Le contexte est dramatique pour le secteur. Si les entreprises ne peuvent plus s’assurer, elles perdent leurs agréments et ne peuvent donc plus intervenir. Sans assurance, c’est la fermeture pure et simple. Cela signifie aussi que demain, des automobilistes en panne risquent de rester bloqués sur le bord de la route, faute de dépanneur agréé disponible. »

Face à l’urgence, la FNA a interpellé les plus hautes instances : le cabinet du Premier ministre, le ministère de l’Économie, le ministère de l’Intérieur, ainsi que France Assureurs. L’objectif est clair : trouver rapidement des solutions durables.

Mais pour l’instant, aucune réponse concrète n’a été annoncée. Et on peut se demander si le secteur ne va pas devoir compter sur lui-même pour survivre, à moins d’une réaction forte des pouvoirs publics.

Dans un pays où les forces politiques ne remédient plus à rien depuis des décennies il me semble naïf et sans espoir de les solliciter, mais la FNA n'a pas d'autre choix ...

Bientôt les particulier ?

Cette crise des assurances qui ne concerne « que » les pros aujourd’hui pourrait bien être le symptôme d’un dérèglement plus large. Si même les métiers jugés essentiels à la mobilité et à la sécurité ne sont plus couverts, qui le sera demain ? Préparez-vous déjà à voir vos primes d'assurance grimper ...


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