Les moteurs électriques évoluent généralement peu dans leur architecture mais il reste malgré tout quelques avancées récentes, et les moteurs synchrones à excitation externe par induction sont l'une des dernières manières de les concevoir. Cette technologie permet de se passer des terres rares, tout en offrant un excellent rendement, notamment sur autoroute. Mais comment fonctionne ce type de moteur et en quoi est-il différent des autres ? Voici une explication simplifiée.
Dans la plupart des voitures, les moteurs synchrones utilisent des aimants permanents fixés sur le rotor pour générer le champ magnétique nécessaire à leur fonctionnement. Il existe aussi les moteurs synchrones à rotor bobinés qui utilisent des balais et des bagues (contacts mobiles) pour alimenter l'électro-aimant du rotor, et c'est ce moteur qui se rapproche le plus de celui qu'on parle dans cet article. En gros il existe deux types de moteurs synchrones : un où le rotor est un aimant et l'autre où le rotor est un électro-aimant. Le dernier type est le moteur asynchrone à induction.
A lire : les différents types de moteur électriques
Les versions à aimant permanent, qui sont les plus répandus sur le marché, sont à base de terres rares (comme le néodyme et le dysprosium), et ils posent plusieurs problèmes : coût élevé, impact environnemental et dépendance vis-à-vis de la Chine, qui contrôle une grande partie de leur production.
Les moteurs synchrones à excitation externe fonctionnent sans aimants et sans balais, mais restent pourtant synchrones, c'est-à-dire que leur rotor tourne à la même vitesse que le champ magnétique du stator (et ceux contrairement aux moteur à induction) . Cela est rendu possible grâce à un élément clé : le transformateur rotatif.
Si cette technologie semble émerger aujourd’hui, le principe de l’excitation externe sans balais n’est pas nouveau. Un document technique coréen sur cette technologie datant de 2015 prouve que cette approche a été étudiée depuis plusieurs années avant d’être mise en œuvre à grande échelle.
Plusieurs équipementiers se sont penchés sur cette solution :
Dans un moteur synchrone classique à rotor bobiné, l’alimentation du rotor se fait via des balais et des bagues collectrices, qui assurent un contact mécanique pour transmettre l’électricité. Mais ces composants s’usent avec le temps et nécessitent un entretien régulier.
Les moteurs à excitation externe utilisent une solution sans contact mécanique : un transformateur rotatif. Voici comment il fonctionne :
Grâce à ce système, l’excitation du rotor est entièrement maîtrisée sans contact physique, évitant ainsi l’usure et la maintenance des balais.
Les schémas associés à cette technologie illustrent deux aspects essentiels du fonctionnement du moteur :
Schéma 2 expliquant plus en détail le transformateur rotatif pour redresser le courant :
Il met en évidence :
L’un des grands avantages de cette technologie est son rendement optimisé, en particulier à haut régime (= haute vitesse puisque les voitures électriques n'ont pas de boîte de vitesses). Contrairement aux moteurs synchrones classiques à aimants permanents, il ne souffre pas du problème de défluxage.
Qu’est-ce que le défluxage ? Dans un moteur à aimants permanents, le champ magnétique du rotor est toujours présent. À haute vitesse, il devient trop intense et doit être compensé en injectant un courant supplémentaire dans le stator pour éviter une surconsommation d’énergie. C’est ce qu’on appelle le défluxage, et il entraîne une perte d’efficience.
Les moteurs synchrones à excitation externe ne nécessitent pas de défluxage, car leur excitation est contrôlée électroniquement. Résultat : une consommation d’énergie mieux maîtrisée et une meilleure autonomie pour les véhicules électriques sur autoroute.
Si l’argument écologique est souvent mis en avant pour justifier l’abandon des terres rares, il ne faut pas oublier que cette décision est aussi économique et stratégique. Les terres rares sont non seulement chères, mais leur approvisionnement est incertain et dépend en grande partie de la Chine. En se détachant de ces matériaux, les équipementiers sécurisent leur chaîne de production tout en réduisant leurs coûts.
De plus, ces moteurs sont potentiellement moins chers à produire à grande échelle que les moteurs à aimants permanents, même si leur électronique de puissance est plus complexe.
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